Séance spéciale / BAFF & RESTORED
Entre restauration et réappropriation, cette séance interroge le passé : que regardons-nous lorsque nous regardons une œuvre ? Qui parle, qui est regardé, et qui a le pouvoir de raconter l’histoire ?
En 1958, Paul Haesaerts filme les objets d’art du Congo belge dans Sous le masque noir. Peintre, critique et historien d’art devenu cinéaste, Haesaerts est alors l’une des grandes figures du film sur l’art en Belgique. S’il filme les oeuvres avec une attention remarquable aux formes, aux matières et aux gestes, son regard reste pourtant celui de son époque, traversé par les représentations coloniales. Les objets sont montrés, commentés, interprétés, sans jamais pouvoir prendre la parole.
Plus de soixante ans plus tard, Matthias De Groof retourne ce dispositif avec Sous le masque blanc : le film qu’Haesaerts aurait pu faire. À partir des images originales, il imagine un contrechamp radical : les masques congolais deviennent des sujets et s’adressent directement au public en lingala, à travers les mots d’Aimé Césaire dans Discours sur le colonialisme, portés par la voix de la poétesse et slameuse Maravilha Munto.
La projection sera suivie d’une rencontre entre Matthias De Groof, cinéaste, philosophe et chercheur et Véronique Clette-Gakuba, chercheuse en sociologie, autour des questions de colonialité et de postcolonialité dans l’art et la culture.
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OBJETS COLONIAUX
1958 + 2020/ BE
PROD : Cobra Films